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mardi, 16 août 2016

Rixe en Corse : l’enquête tente de déterminer les faits

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Des auditions sont en cours à Bastia, après la violente rixe qui a éclaté samedi 13 août sur une plage de Haute-Corse.

Près de trois jours après les affrontements qui ont éclaté sur la plage de Sisco (Haute-Corse), samedi 13 août, entre, d’une part, trois couples avec enfants vivant à Bastia, dont les femmes étaient voilées, et d’autre part, des habitants du village, les faits ne sont toujours pas clairement établis. Une enquête a été ouverte pour « violences en réunion avec armes ». Les auditions de dizaines de personnes, témoins directs ou indirects, sont en cours.

« Nous sommes dans un premier temps en train de décortiquer les événements pour déterminer leur chronologie, leur enchaînement et ensuite, nous pourrons identifier les auteurs, expliquait lundi 15 août à la mi-journée, la procureur adjointe au parquet de Bastia, Frédérique Olivaux-Rigoutat. Il y avait beaucoup de monde, et les versions divergent. » L’enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Bastia.


Des témoignages divergents

Le parquet devrait tenir une conférence de presse dans le courant de la semaine, dès que le déroulement des faits sera établi. D’ores et déjà, la procureur adjointe dément l’utilisation de machettes, que certains témoins ont évoquée. Il y a bien eu en revanche blessure par flèche de harpon.

« Il s’agit de harpons que l’on utilise pour la pêche sous-marine, précise Frédérique Olivaux-Rigoutat. On ne sait pas encore si ces flèches ont été utilisées dans un mouvement d’agression ou de défense. » Ni si elles ont été utilisées à partir d’un fusil ou à la main, deux cas de figure qui ne recouvrent pas le même niveau de violences.

Concernant la tenue des femmes, qui semble à l’origine de l’altercation, la procureur adjointe précise encore que celles-ci n’étaient pas vêtues « de burkini ou de tenues ostentatoires » : « Il semblerait qu’elles portaient des robes et un voile sur les cheveux. »

Selon des témoignages divergents, l’altercation aurait éclaté après qu’un adolescent du village a pris des photos – du paysage ou de ces femmes voilées, selon les versions –, entraînant la réaction des familles de confession musulmane « d’origine maghrébine », a précisé le parquet. Apeurés, les adolescents auraient appelé leurs parents, et d’autres groupes d’habitants du village seraient intervenus.


Une centaine de policiers et gendarmes mobilisés

Des coups, des jets de pierres et de bouteilles auraient alors été échangés. Les voitures des trois couples de Bastia ont ensuite été incendiées. Une centaine de policiers et de gendarmes ont été mobilisés pour permettre le retour au calme dans la soirée, selon le ministère de l’intérieur. Des blessés des deux côtés de l’affrontement ont été hospitalisés mais sont tous ressortis depuis.

Dimanche 14 août, une manifestation très tendue a rassemblé plusieurs centaines de personnes devant les grilles de la mairie puis de la préfecture à Bastia. La foule s’est ensuite dirigée vers le quartier populaire de Lupino, en périphérie sud, où résideraient les familles impliquées dans les affrontements. Des gendarmes ont bloqué le passage tandis que quelques dizaines de personnes scandaient : « On est chez nous. »


Appel au calme

Alors que d’autres épisodes violents sur fond de discours raciste ou islamophobe ont secoué la Corse ces derniers mois, notamment cet hiver, la procureur adjointe au parquet de Bastia tempère : « Il y a une sensibilité sur ces sujets en Corse car il y a une grande solidarité entre les habitants du fait de l’insularité, estime Frédérique Olivaux-Rigoutat. Au quotidien, la justice n’a pas à traiter particulièrement d’affaires de ce type, mais certains épisodes prennent une ampleur particulière. Le contexte des attentats sur le continent ne fait qu’exacerber les tensions. »


Dans l’île, les autorités ont appelé au calme. « Ces événements (…) suscitent, partout en Corse, et particulièrement dans la région bastiaise, une tension importante. Celle-ci ne doit en aucun cas rejaillir sur l’ensemble de la population originaire du Maghreb, dont la très grande majorité respecte nos valeurs », ont estimé Gilles ­Simeoni et Jean-Guy Talamoni, respectivement président du Conseil exécutif de la Corse et président de l’Assemblée de Corse, dans un communiqué commun.

Lundi 15 août, le maire de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, a pour sa part annoncé qu’il avait pris un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune, à l’instar des décisions prises ces derniers jours par les maires de Cannes et Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).

Flore Thomasset

Source : La Croix

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